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Quand l’angoisse ne s’éteint jamais


Quand un adolescent va mal, beaucoup de parents découvrent une forme d’angoisse qu’ils ne connaissaient pas auparavant : celle de ne plus savoir où est son enfant, avec qui il est, ni dans quel état il va rentrer.

Le téléphone devient alors un objet que l’on surveille presque en permanence. Chaque notification fait sursauter. Chaque appel qui tarde provoque des montagnes russes dans le creux de l’estomac. Beaucoup de parents décrivent cette impossibilité de se détendre vraiment tant que leur enfant n’est pas rentré, ou tant qu’ils n’ont pas eu de nouvelles. Peu de parents osent réellement en parler. Encore une fois cette honte qui ne les lâche pas. 

Les fins de journées, les soirées, parois même les nuits s’étirent dans l’attente. On regarde l’heure sans cesse. On imagine des scénarios catastrophes. Accident, mauvaise rencontre, alcool, drogue, violence, disparition… L’esprit finit parfois par courir vers le pire avant même d’avoir des raisons de le faire.

Parfois, un simple message suffit à faire redescendre un peu la tension.

“Je vais bien.”
“J’arrive.”
“Je dors chez un ami.”

Pendant quelques instants, le corps se relâche presque malgré lui. On respire un peu mieux. Cette sensation oppressante, comme une main qui serrait la gorge depuis des heures, semble enfin desserrer légèrement son étreinte.

Et puis, très vite souvent, le doute revient.

Pourquoi ne répond-il plus ?
Avec qui est-il vraiment ?
Dans quel état va-t-il rentrer ?
Est-ce qu’il dit toute la vérité ?

Ces parents vivent alors dans cette alternance épuisante entre soulagement fragile et inquiétude immédiate, comme si leur corps lui-même ne parvenait plus à quitter l’état d’alerte.

Il y a aussi ces nuits où l’on attend le bruit d’une porte, des pas dans l’escalier, le son des clés qui tournent enfin dans la serrure. Et parfois, lorsque l’adolescent rentre finalement, le soulagement se mélange immédiatement à la colère, à l’épuisement ou à l’incompréhension. Certains oscillent alors entre l’envie de serrer leur enfant dans leurs bras et celle de lui crier leur peur.

Cette angoisse permanente finit souvent par envahir toute la vie familiale. Le couple lui-même peut se fragiliser. Certains parents tentent de porter seuls leurs inquiétudes pour “protéger” l’autre, pendant que chacun s’épuise silencieusement de son côté.

Et pourtant, cette peur immense dit aussi quelque chose d’essentiel : l’attachement profond à son enfant.

On parle souvent des adolescents en souffrance. Plus rarement des parents qui vivent, eux aussi, dans une inquiétude quotidienne devenue presque impossible à déposer quelque part.

Aucune famille ne devrait avoir à porter cela seule.

Si cette formule vous intéresse, n’hésitez pas à commenter ou à me joindre via le formulaire de contact. 

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